Publié par : bx5decoeur | décembre 7, 2010

Sociaux ou écolos, partagés, ou familiaux, les jardins poussent plutôt bien .

Enfants de la Green guerilla

Sociaux ou écolos, partagés, ou familiaux, les jardins poussent plutôt bien .

 L'association Village Saint-Seurin a créé une vingtaine de parcelles au pied de la basilique  photo Stephane Lartigue    

L’association Village Saint-Seurin a créé une vingtaine de parcelles au pied de la basilique PHOTO STEPHANE LARTIGUE


«Comme à New York, on a voulu se réapproprier les friches urbaines », assure Delphine Willis. Elle est architecte et avec un petit groupe d’amis agronomes, elle a créé l’association Friche and cheap afin de réfléchir sur un nouveau paysage de la ville. Le résultat est là : un jardin partagé de 1 000 m², au cœur du quartier Belcier, près de la gare de Bordeaux. Depuis juin, des familles y cultivent 47 parcelles. « Nous nous sommes rendu compte que les possibilités étaient infinies. Cette initiative peut avoir un but économique, pour des gens démunis, environnemental, écologique, social. Un jardin est un médiateur de la relation sociale car les gens ont un sujet commun de conversation. À terme, il faut qu’ils prennent leur indépendance par rapport à l’association à laquelle la mairie a prêté ce terrain pour cinq ans », poursuit Delphine Willis.

Née à Greenwich village, Alise Meuris ne dit pas autre chose : « On est tous allés piocher chez les « Green guerilla » ». La présidente des Jardins d’aujourd’hui fait allusion à ce mouvement américain qui, en 1973, se proposa de récupérer les zones désertées de New York. La crise économique ayant poussé les habitants vers la périphérie, bon nombre de mètres carrés abandonnés avaient été plus ou moins squattés par la délinquance. Jusqu’au jour où une artiste peintre de Greenwich village, Liz Christy, eut l’idée de réinvestir ces espaces vides afin d’ y créer des jardins pour les enfants mais aussi pour les familles désireuses d’y produire quelques légumes.

La Green guerilla a fait des petits et de Manhattan au Bronx, 800 jardins ont à ce jour poussé sur le macadam de la Grosse Pomme. « De vrais équipements de quartier qui permettent de développer une vie sociale », affirme Alise Meuris.

Dix projets dans les tuyaux

Les Jardins d’aujourd’hui ont tenté une première expérience, il y a vingt ans, au pied des immeubles des Aubiers, à Bordeaux : « Pour générer une autosuffisance alimentaire et du lien. Ce jardin familial est exemplaire », dit l’animatrice Florence Tchavdaroff qui a du mal à gérer la demande et veille aussi sur le jardin collectif de la rue Dupaty, le Jardin de ta sœur, où l’on propose des ateliers de jardinage. La vocation peut être encore pédagogique comme sur une parcelle du Jardin botanique fréquentée par les écoliers ou tous ceux qui veulent apprendre à faire du compost.

Le parc Rivière offrira bientôt 2 000 m² dans ce même esprit. « Il fait partie des dix projets qui sont dans les tuyaux », commente Anne Walryck, maire adjointe chargée de la politique de développement durable.

« Nous allons prochainement faire l’état des lieux, voir quel est le meilleur mode opératoire, ce qui marche, ce qu’il faut éviter. Le développement des jardins, partagés, familiaux ou autres, est inscrit dans l’Agenda 21. Autoproduction, lien social, insertion, les motifs sont multiples. La municipalité apporte sa logistique et c’est aux associations de les prendre en main ».

Échange intergénérationnel

Les initiatives poussent dans les quartiers où la finalité n’est pas forcément liée à la production. « On souhaite un mélange plus intergénérationnel que social », explique François Perchais, président de l’association Village Saint-Seurin qui a ouvert 20 petites parcelles au pied de la basilique. « On y plante tout ce qui est légal, sans produits chimiques et on s’engage à cultiver. »

Du côté de Saint-Genès, l’association Bordeaux 5 de cœur concocte un projet similaire sur 800 m² mis à disposition par la Villa Pia qui souhaite y faire se rencontrer ses retraités et les gamins du quartier. « Pour rassembler les âges autour de la terre, retrouver du lien et promouvoir l’écologie urbaine », détaille Alain Sylvestre, président de l’association. Pour combler le manque de verdure, l’asso Yakafaucon a installé 20 bacs dans la rue Monfaucon que les habitants entretiennent avec amour. « 80 suivront au printemps dans trois rues », promet Céline Pinsard. « Les gens ont vraiment envie d’échanger. »

Bordeaux · environnement · Gironde
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